Petite hymne au sourcing

Par Morgane Dalbergue, Talent Sourcer chez Voodoo, la startup française qui vient de lever 200 millions de dollars auprès de Goldman Sachs.

 

Il y a quelques semaines, je discutais avec un membre de ma famille au sujet de mon avenir professionnel et de mon désir de continuer à me perfectionner sur les techniques de sourcing.

Avant d’aller plus loin et pour remettre un peu les choses dans leur contexte, je suis encore souvent obligée de « vulgariser » mon métier de talent sourcer voire même parfois de prétendre être une recruteuse, en fonction de la personne à laquelle je m’adresse. Je ne devrais pas, je sais bien, mais il est parfois bien difficile d’évangéliser ce qu’est le sourcing en recrutement … d’autant plus lorsque mes interlocuteurs sont des néophytes du recrutement (quand ce ne sont pas ces drôles de gens qui pensent toujours que je ne suis qu’un obscur titre de poste perdu dans le vaste univers des RH …) Petit rappel : dans ce contexte, le recruteur est celui qui gère tout le process de recrutement, de A à Z (avec la partie sourcing donc). Le sourceur est celui qui ne s’occupe que du sourcing (recherche, identification/sélection, approche, premier contact téléphonique …). La personne avec laquelle je discutais ce jour là (une des rares à comprendre mon titre exact et mon métier, donc) s’enquérait de savoir pour quand était prévue ma promotion au poste de recruteuse et ce au détour d’une phrase qui me reste encore aujourd’hui en travers de la gorge. « Non parce que tu comprends, tu ne vas pas faire sourceuse toute ta vie … » Ô rage, Ô désespoir. J’aime, profondément, mon métier de talent sourcer (chargée de recherche/de sourcing, pour les amoureux de la langue française qui me lisent). Je me suis découverte cette vocation en rejoignant Edgar People en septembre 2017 et j’ai bien l’intention de continuer dans cette voie pendant bien quelques années au moins. J’ai tout à apprendre et je suis très loin d’avoir fait le tour du sourcing. D’ailleurs, la plupart des tests de personnalités que j’ai pu passer décrivent mon tempérament comme perfectionniste (ce n’est pas flagrant, nous sommes d’accord) car j’aime aller au fond des choses et maîtriser mon sujet sur le bout des doigts avant de poursuivre le développement de mon expertise. Alors oui peut-être qu’un jour, j’aurais envie de faire les entretiens, d’avoir la main dans l’onboarding, de développer la relation client et/ou de participer à d’autres aspects du recrutement mais aujourd’hui: Je suis talent sourcer et j’en suis très fière. Alors non, mes journées ne consistent pas qu’à surfer sur LinkedIn et à poster quelques tweets amusants (ou pas) sur twitter. Je ne suis pas non plus une « stalkeuse » professionnelle (quoi que, parfois, c’est un peu l’impression que ça donne, j’en conviens …) qui stocke toutes les informations possibles et imaginables sur les talents avec dans l’idée de faire grossir une base de données. Je ne suis pas une machine à chasser des talents. Mon rôle de sourceur, je le vois plutôt comme celui d’un détective privé. Je ne cherche pas vraiment des personnes disparues, comme ça peut arriver à un détective, mais je recherche des talents manquants et pour ce faire, j’enquête. Je vais étudier l’environnement dans lequel le talent, que je vais trouver, va ensuite évoluer, je récupère toutes les informations dont j’ai besoin (et même plus) et je pars ensuite en quête du talent lui même. Alors oui, je passe par LinkedIn mais pas que. Je vais chercher sur notre meilleur ami Google, sur Twitter, sur des forums spécialisés, je fais jouer le réseau, je participe à des meetups, des salons, des events. Je re-contacte des talents approchés par le passé et je demande si dans leur réseau, il n’y a pas des personnes qui pourraient être intéressées. J’analyse les profils pour concevoir un message d’approche qui va garantir, à quelques exceptions près, un retour, qu’il soit positif ou non. Mon objectif est d’engager avec le candidat une discussion que je vais alimenter, le plus régulièrement possible. Une fois que j’ai identifié, sélectionné et intéressé quelques talents, je les appelle et je valide avec eux des points essentiels. J’identifie lors d’un premier échange les leviers de motivation sur lesquels je vais pouvoir jouer pour leur donner envie de rencontrer le recruteur, l’opérationnel, la personne qui va reprendre la main sur la suite du process. C’est, dans les grandes lignes, le métier de sourceur. Je passe outre toutes les indicateurs de performance à suivre (gain de temps, meilleur taux de retour, engagement, taux de transformation …), la data à analyser et à interpréter afin d’être encore plus efficace, la partie Marque Employeur / Marketing et toutes les tâches administratives qui vont avec. Pour en revenir à nos moutons, Je peux comprendre que pour certaines personnes, passer le plus clair de son temps à fouiller les recoins du web pour trouver des talents peut sembler ennuyeux, fastidieux, intéressants. Je sais que la plupart de mes connaissances envisagent le sourcing comme une étape vers un métier plus complet et c’est normal, quelque part. Sauf que personnellement, je considère le sourcing comme un métier à part entière et j’ai bien l’intention d’y dédier encore quelques années de ma carrière ! #I❤Sourcing Edgar People - Cabinet de Recrutement Digital